Ce n’est pas dans un palais ni dans une grande cathédrale que Dieu a changé la vie d’Ingabire. C’est au milieu de la poussière (Biranda), dans la simplicité d’un culte à Goma, qu’une transformation radicale a commencé pour cette jeune femme autrefois perdue dans l’alcool et le désespoir.
Ingabire, originaire du Rwanda, se décrit elle-même comme « une ancienne ivrogne » issue d’une famille musulmane rongé par la pauvreté et les déceptions. Sa mère, désespérée après avoir été chassée de leur logement pour loyers impayés, entend parler de l’église Cité de Refuge à travers une émission radiophonique. Poussée par l’espoir d’un renouveau, elle décide d’y aller, malgré les regards, malgré les doutes.
Mais pour Ingabire, Dieu n’était plus une option : « Je ne voulais plus rien entendre de Lui. J’étais fatiguée de souffrir et de prier sans réponse. » Pourtant, un jour, sa mère la supplie de l’accompagner à l’église. Elle accepte, à contrecœur.
« J’étais ivre ce jour-là. Dès les premières minutes du culte, j’ai fui pour aller boire encore le Lutuku une boisson fabriquée traditionnellement. » Et pourtant, elle continue à revenir, à accompagner sa mère. En 2012, l’église tenait encore ses cultes dans un endroit modeste appelé Biranda, à Goma. C’est là que le miracle a commencé à germer.
« Je voulais arrêter l’alcool depuis longtemps, mais je n’y arrivais pas. Puis, un jour, sans que je sache comment, j’ai perdu toute envie de boire l’alcool. C’était le signe. J’ai compris que le Dieu de la Cité de Refuge était réel. »
Elle s’engage alors dans l’église, intègre la diaconie générale, et malgré les conditions de vie précaires, elle reste fidèle. Chaque jour, elle parcourt à pied les 9 à 10 kilomètres qui séparent Rugerero de l’église à Goma, sans se plaindre. « Je savais que le même Dieu qui m’a délivrée de l’alcool pouvait aussi changer ma situation financière. »
Elle se souvient avec un sourire des prophéties du prophète Mulindwa Jules : « Il disait que nous mangerions à notre faim et que nous aurions même des restes à jeter. Moi, je n’avais rien mangé depuis la veille, j’étais venue à pied, affamée, et sans espoir. Je croyais qu’il se moquait de nous. »
Mais aujourd’hui, tout a changé. Ingabire vit les prophéties qu’elle avait du mal à croire. Elle mange ce qu’elle veut. Elle a construit une maison de cinq chambres pour sa mère et une autre pour elle-même. « Quand le disait que nous aurions au moins 3000 dollars en banque de manière permanente, je riais en silence. Mais aujourd’hui, c’est ma réalité. »
Sa voix se brise quand elle parle de son arrivée à Kigali : « Je vivais dans un ghetto. Mais maintenant, j’ai bâti une maison moderne. Tout ce que j’ai, je le dois à Dieu de la cité de refuge. »
Pour elle, le processus de Dieu à la Cité de Refuge est clair : d’abord, Il guérit les blessures intérieures, ensuite, Il rompt les liens toxiques, puis Il élève.
Et face aux accusations ou critiques dirigées contre l’église et le prophète Mulindwa, Ingabire est catégorique :
« Si c’était lui seul qui faisait les miracles, j’aurais douté. Mais ici, chacun peut prier, chasser les démons, guérir. Ce n’est pas une affaire d’un homme, c’est le Saint-Esprit. »
Elle souligne aussi l’importance de la voix médiatique. « Même à distance, Dieu agit à travers les émissions. Les enseignements sont clairs, bibliques et puissants. »
Avant de conclure, elle lâche une déclaration simple mais puissante : « Il est impossible pour moi de quitter l’Église Cité de Refuge. Mon témoignage est ma raison. »
Et grâce à la technologie, dit-elle avec fierté, elle suit désormais les cultes en direct, peu importe où elle se trouve dans le monde.
Luc M.
